COMMERÇANTS À ALGER DANS LES ANNÉES 50
L'atelier de lutherie de mon père dans son arrière-magasin, rempli d'outils, de pièces de bois et de flacons mystérieux était un endroit magique où il réparait les instruments. J'étais ravi de pouvoir y faire tourner la meule, serrer la vis de l'étau ou planter des clous, même si je me suis souvent tapé sur les doigts et si j'en garde encore des cicatrices, comme celle de la scie égoïne, le jour où la lame a dérapé. Ce qui me passionnait le plus, c'était la "pointe aux âmes" des luthiers. C’est un outil particulier qui sert à piquer un petit morceau de bois cylindrique en épicéa (l’âme) pour l’introduire par les ouvertures (ouïes) se trouvant sur le corps des violons afin de le coincer entre la table et le fond de l’instrument. Cette âme sert à transmettre les vibrations des cordes depuis le chevalet vers le fond et évite que la table ne s’affaisse sous la pression des cordes tendues. Sans cette âme, le violon ne sonne pas. Et sans cet outil, on ne p...